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Rapport de la retraite à la maison de BEN SMEN

Les récollections à notre sens sont un moment de recueillement, de ressourcement, de rupture avec la routine quotidienne pour un retour en soi afin de prendre des résolutions dans la prière pour une vie plus transparente où Dieu tient une place capitale. Tout comme dans une promenade où il faut parfois se retourner, voir d’où vient le chemin que l’on est entrain de parcourir et où sont les repères, recourir si nécessaire à une carte, lorsque le paysage est confus, masqué de buissons, d’ombres et de creux ; il en est de même dans la vie d’un homme et de surcroît de tout chrétien, appelé à être « mis à part pour le Christ » comme nous l’enjoint St Paul, d’imposer à son esprit un détour spirituel via une retraite. C’est en cela que celle qui s’est déroulée du 18 au 20 Mars dans le centre de Ben Smen prend tout son sens. Les activités menées dans cette reprise spirituelle sont entre autre les prières communautaires et personnelles, les entretiens avec un couple français et avec des bénévoles étudiants d’Alger. Toutes ces activités étaient centrées sur le thème de la sexualité et de la vie affective en Algérie.

Au sens large, la sexualité peut se définir comme étant l’ensemble des caractéristiques de la différenciation sexuelle chez les êtres vivants. La sexualité humaine en particulier tient en compte les traits physiques, psychiques et affectifs se rapportant à l’identité sexuelle humaine. Du point de vue scientifique et philosophique, la sexualité joue un rôle important dans le comportement humain ; elle est nécessaire dans la personne humaine d’autant plus que cette dernière est un être de relation. Cependant est-ce bien ou mal de laisser aller son corps à des pulsions physiques qui mènent à chercher une satisfaction charnelle et physiologique ? Comment l’Église perçoit-elle cette réalité de l’homme ? Maintes questions religieuses ou éthiques de ce genre nourrissent nos inquiétudes et marquent indubitablement d’un caractère tabou la sexualité.

Les entretiens, la prière personnelle de cette retraite nous ont guidés dans notre réflexion sur cette problématique. Le témoignage du couple français est très vivant : « la prière à deux, la communication et la fidélité ont été les piliers de la réussite de notre quarante ans de mariage. », s’exprimait-il. Dans l’Église, la sexualité et le plaisir sexuel sont d’abord des aspects de l’amour conjugal, un moyen de parfaire l’union corporelle et spirituelle entre l’homme et la femme. Pour respecter le plan divin et la dignité humaine, la sexualité doit être un don total dans le cadre indissoluble du sacrement de mariage et doit notamment rester ouverte à la procréation. Ensuite elle revêt un caractère sacré ; c’est un lieu où l’homme grandit et se construit à travers un combat contre les désirs du corps ; c’est un cadre où il est surtout appelé à faire un choix libre de marcher sous l’impulsion de l’Esprit et de rejeter les désirs charnels du corps « car la chair en ses désirs s’oppose à l’Esprit et l’Esprit à la chair ; entre eux, c’est l’antagonisme » Ga 5, 17. Ainsi la notion même d’interdiction de sexualité prénuptiale est remise en cause. La sexualité n’est plus un lieu d’interdiction radicale mais plutôt un lieu où l’amour est présent, où Dieu lui-même est présent. Il n’est plus question d’interdiction mais question de responsabilité : comment vivre sa sexualité sous le regard de Dieu.

Ces approches chrétiennes de la sexualité viennent à point remuer nos manières et nos habitudes de vivre notre sexualité en Algérie. Arrivant de loin, les étudiants se retrouvent très souvent en manque d’affection et sans référence dans ce pays. Certains s’ouvrent alors à l’amitié et même aux relations amoureuses qui ont très souvent pour but un assouvissement de nos besoins physiques, à des fins pécuniaires ou même sexuelles. Bon nombre de nos frères et sœurs se prostituent pour subvenir à leur besoin en bafouant inexorablement leur dignité humaine. Nous nous demandons certainement comment est-ce que ces personnes y ont-elles parvenues. Est-ce le manque de soutien mutuel entre nous, de sensibilité, de communications appropriées dans des cadres adéquats ? Ces personnes sont-elles condamnables ?, n’ont –elles pas de remords ? Pourtant elles reflètent chacun de nous car l’on se demande toujours « pourquoi après des moments de remords l’homme retombe-t-il très souvent dans les mêmes erreurs ? »Il est ainsi temps que nous étudiants étrangers, cherchions à savoir ce que l’on veut faire de notre vie ; il est temps que nous prenions aussi notre responsabilité. Il n’est point temps que nous stoppions nos constructions amoureuses mais que nous nous engagions pour une vie de chasteté. Faut-il le dire la chasteté n’est pas absence de sexualité mais plutôt une manière humaine et donc normalement réussie, de réaliser sa sexualité dans le mariage ou dans le célibat. L’exigence essentielle de la chasteté tient dans le principe de la réciprocité : qu’ ’on ne réduise jamais l’autre ni soi-même à servir de moyen pour l’obtention de son seul plaisir. La chasteté n’est donc pas une négation de la sexualité mais le fait d’utiliser cette dernière pour en faire un chemin de rencontre avec les autres, avec l’AUTRE.

« L’amour est enfant de Bohême qui n’a jamais, jamais connu la loi. » il n’est donc pas surprenant de le voir bousculer nos barrières culturelles ou religieuses. Il n’y a pas d’âge non plus pour découvrir l’amour .Notre réalité dans ce pays en est une parfaite illustration. Encore faut-il que nous apprenions à le reconnaitre et le vivre non tel que nous le voulons mais tel qu’il est et tel que Dieu le veut dans l’Esprit.

SAWADOGO Nestor Nabonswendé
2ème Année Recherche Opérationnelle
TIZI OUZOU



Date de création : 28/04/2011 : 11:01
Dernière modification : 28/04/2011 : 11:01
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