Mgr Claude Rault : « Lʼapport des migrants subsahariens est un ballon d'oxgène pour lʼÉglise nord-africaine » -

Evènements du diocèse de Laghouat-Ghardaïa
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Au Sénégal pour une réunion de la conférence épiscopale de la région nord-africaine (CERNA), l’évêque du diocèse de Laghouat-Ghardaia, qui s’étend sur une superficie de plus de deux millions de km², Mgr Claude Rault, est revenu sur l’importance de la présence des étudiants et migrants subsahariens sur la vie de l’Église en Afrique du nord, particulièrement celle d’Algérie.

Constituant une communauté importante, les migrants venus d’Afrique noire sont devenus une préoccupation de l’Église. Même si l’accueil constitue un véritable problème dans cette partie de l’Afrique. « Nous essayons de les identifier et de leur rendre visite tous les 15 jours pour des journées de partage et de convivialité », a dit Mgr Claude Rault, révélant qu’il y a beaucoup d’étudiants à Alger, à Constantine et à Oran. « Et pour mieux les intégrer, des sessions de formation sont organisées pour leur permettre de mieux connaître la société algérienne ».

La présence d’étudiants, un ballon d’oxygène

Si dans certains cas, les étudiants sont considérés comme des envahisseurs, ce n’est pas le cas pour l’Église en Afrique du nord. « L’apport des étudiants est un ballon d’oxygène pour notre église, a noté Mgr Rault, insistant que leur présence est une vraie chance pour le renouvellement de l’église ».

C’est ce qui explique la tenue de cette réflexion dans un pays comme le Sénégal. Car, l’Afrique du nord est « bénéficiaire du laïcat » venant de l’Afrique subsaharienne. Mieux, son apport donne à cette Église un visage « plus universel ». Dans cet accueil, l’Église algérienne ne manque pas d’ingéniosité pour faire vivre cette vague de chrétiens. Elle organise annuellement de grands rassemblements, « à l’image de ce qui se fait à Taizé » à Tlemsen, à Skigda. Il y a aussi les universités d’été à la maison diocésaine d’Alger. Ces rencontres sont des occasions pour dispenser un enseignement, a affirmé l’évêque.

Au secours des prisonniers chrétiens

L’Église ne s’occupe pas seulement des étudiants. Les migrants, souvent en transit, constituent une part importante de ces personnes qui font vivre l’Église du nord de l’Afrique. Parfois, il y a des paroisses où la présence des migrants est aussi importante que celle des étudiants. C’est le cas à Tamanrasset où 20 à 50 fidèles sont des migrants, informe Mgr Rault. Avant de noter, pour s’en féliciter, que la migration est « un défi et une chance pour leur Église ». En ce sens qu’elle lui permet de « s’élargir ». Mais, cette présence de migrants, souvent illégaux, entraîne, parfois, des arrestations et même des emprisonnements. Consciente de cet état de fait, l’Église, en collaboration avec le ministère de la justice d’Algérie, a mis en place une aumônerie. Elle permet à cette équipe pastorale « d’une trentaine » de personnes y compris de prêtres et religieux de rendre souvent visite aux détenus chrétiens dans les prisons. D’ailleurs, grâce à cette équipe, une liaison peut s’établir entre ces détenus et leurs familles en Afrique subsaharienne.

Charles Senghor (à Dakar)

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