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TRIDUUM PASCAL Qu’est-ce que le Samedi Saint ?

Le samedi saint est, pour les chrétiens, un jour de silence, d'attente et de recueillement. Ils méditent sur les souffrances de Jésus Christ, sa mort et sa mise au tombeau. La célébration de la Résurrection commence le samedi soir lors de la veillée pascale.



Le silence du Samedi saint

Le samedi saint, les cloches des églises sont muettes... Nathalie Nabert, écrivain et poète, nous explique la signification de ce silence.

Dernière station du chemin de croix réalisé par Léa Sham's pour l'église de St-Pierre du Perray (91). © Pèlerin

Le Samedi saint est ce linge étendu sur nous du deuil, du grand silence, du vide et de l'anéantissement où nous foulons notre désespoir comme la grappe pressée de la promesse d'où sortira la vie au cours de la nuit pascale.

Pris entre les deux rives de l'office des ténèbres qui jouxte la mort et de la joie baptismale de la vigile pascale qui jouxte la Résurrection, nous marchons dans cette obscurité lumineuse de la foi qui n'a plus de signes, abandonnée à sa seule force qui est toute la grandeur de son union à Dieu comme le chante le cantique de l'exode avec une ferveur simple et joyeuse : "Ma force et mon chant, c'est le Seigneur : / il est pour moi le salut./ Il est mon Dieu, je le célèbre ; /J'exalte le Dieu de mon père" (Exode 15).

Alors se fait jour en nous l'épreuve du silence et de la nuit de la foi nécessaire à notre purification intérieure et rappelant l'amertume du vinaigre et le bois purifiant de l'hysope offerts au Christ agonisant comme les prémices de ce passage de l'homme en Dieu et de son abandon sans condition.

Vacillement de foi

Au premier jour de la semaine, lorsque les femmes trouveront le tombeau ouvert, il y aura encore ce vacillement de la foi devant le vide que Dieu remplit entièrement : "Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ?" (Luc 24, 5). Et c'est alors, devant le tombeau délaissé, que l'énigme de la séparation annoncée le jeudi saint nous donnera de vivre l'abandon total à partir duquel nous renaîtrons dans l'illumination de notre pauvreté.

Saint Cyran écrivait au XVIIe siècle dans l'austère ardeur du jansénisme naissant que : "Nous devons nous aussi nous retirer de cette vue sensible du corps de Jésus Christ et de celle du ciel et de l'attache qu'on y peut avoir" pour entrer dans la profonde unité de la foi. (Lettre LXXXI jeudi de Pâques, Munich, pp 168-181) Alors ce dépérissement des sens, cet enfouissement dans la pure adhésion de l'âme nous dévoileront progressivement l'intelligibilité des signes. Et nous tenant ainsi à la dernière place des humbles et des écoutants nous entrerons dans le mystère inaltérable de l'union à Dieu.
Last modified onsamedi, 15 avril 2017 05:28

Alger

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