Témoignages

Chrétiens en monde musulman
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Le dialogue islamo-chrétien prend tout son sens en Algérie où des chrétiens et des musulmans vivent ensemble. Au-delà des différences religieuses, il est possible de vivre pleinement cette rencontre et de s'enrichir au contact de « l'autre ». Nous ne pouvons, ici, résumer toute la richesse de ces rencontres, mais nous donnons simplement quelques témoignages de personnes s'intéressant à ceux qui n'ont pas la même religion qu'eux (vous pouvez télécharger le numéro 59 et le numéro 60 du bulletin du "Ribat assalam", groupe islamo-chrétiens de partage spirituel).

Une jeune femme algérienne :
« Il existe en Algérie une « Eglise musulmane ». Elle est composée de toutes ces femmes, de tous ces hommes qui se reconnaissent dans le message d'amour universel et son engagement pour une société plurielle et fraternelle : elle est plus nombreuse que vous ne le croyez... La présence de l'Eglise est plus que jamais vitale pour notre pays, pour assurer la pérennité d'une Algérie plurielle, pluriethnique, ouverte sur le prochain, foncièrement tolérante et solidaire...En Algérie nos sangs sont mêlés. Effectivement, il n'y a pas spécialement des chrétiens, ni spécialement des musulmans : il y a la révélation de Dieu à l'homme. »

Monseigneur Michel Gagnon, évêque (décédé) de Laghouat :
« Les musulmans sont croyants : nous avons donc une base commune, même si les termes changent. Nous pouvons vivre ensemble. Ce qui nous garde dans ce pays, ce sont nos collaborateurs, l'enracinement des fondations, la qualité incomparable des relations personnelles et le respect de la population à l'endroit de la présence chrétienne. »

Deux musulmans, après l'assassinat d'un religieux et d'une religieuse en 1994 à la Casbah d'Alger :
« Nous, A.B., journaliste et M.M., enseignant de l'Université, voulons aujourd'hui vous témoigner toute notre amitié, notre fraternité dans ce drame qui nous touche tous. Pour nous et pour toujours, n'oubliez jamais que vous êtes nos frères. Quelle que soit la différence de nos dogmes nous pensons avoir le même Dieu. Et puis, disons-le, nous vous aimons et cela ne regarde personne. Une fois de plus, contrairement aux assassins, nous vous disons : vous êtes ici chez vous, nous vous aimons et prions à vos côtés pour le repos de l'âme de ceux qui ont été lâchement abattus. »

Son Excellence, Abdelaziz Bouteflika, président de la République Algérienne :
« Permettriez-vous donc, à un algérien musulman comme l'ensemble de ses compatriotes, venu pourtant du pays de saint Augustin et admirateur de Ramon Lull, ce savant philosophe natif de Majorque, lui permettriez-vous de suggérer humblement, mais solennellement, devant vous, qu'il soit demandé aux instances autorisées la sanctification, la canonisation de notre ami et frère Mgr Duval. Je voudrais le faire, non seulement pour le caractère exemplaire de sa vie spirituelle et active, mais aussi, pour tout ce que, au-delà des barrières idéologiques, ethniques, raciales et religieuses, il a eu le courage d'incarner, en affirmant l'unité du genre humain devant l'adversité qui frappe les uns au profit des autres. [...] L'évocation du cardinal Duval suscite en moi une profonde émotion. »

Une jeune musulmane :
« Je pense que c'est Dieu qui veut la présence de l'Eglise en notre terre d'Islam...Vous êtes une bouture sur l'arbre de l'Algérie qui, si Dieu le veut, s'épanouira vers la lumière de Dieu. »

Monseigneur Pierre Claverie, évêque d'Oran (assassiné en 1996) :
« Je n'ai pas la Vérité, j'ai besoin de la Vérité des autres. »

Lettre de « Vœux de Noël » d'un ami de la paroisse d'Hussein Dey (Alger)
Moi, un musulman, je suis heureux de souhaiter un joyeux Noël à toute la communauté chrétienne, communauté honorable et laborieuse qui s'est attachée à cette terre d'Algérie dans l'amitié avec les populations musulmanes partageant avec elles les joies et les peines quotidiennes, partageant « le pain et le sel » de la fraternité, du labeur source de vie. Je vous salue bien.

A l'enterrement du Père d'Oncieu, tiré du journal (algérien) El Moujahid :
La foule qui a accompagné ce père chrétien qui s'appelait François-Abdelaziz était différente de religions, de nationalités, de niveaux culturels et économiques mais elle avait la même appréciation sur la personnalité de l'homme : c'était un homme de bien, et le bien sincère et désintéressé transcende toutes les frontières de quelque nature qu'elles soient.Les musulmans présents dirent la Fatiha, puis les chrétiens dirent le Notre Père.

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