Diocèse de Constantine & Hippone Journées Diocésaines des Etudiants

Le coin des étudiants
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Ce petit apport fut une contribution aux- Journées Diocésaines des Etudiants (JDE) de Constantine, tenues du 26 au 28 octobre 2017 au Bon Pasteur. Le thème général était : « Venez et voyez » : as-tu entendu cette voix ?
regardsCes journées ont été animées par le père Théoneste, et avec le père Michel Guillaud et la sœur Rosalie Sanon. Voici une des interventions, présentée dans l’après midi du 27 octobre 2017.

La jeunesse, une prophétie en soi !

Introduction
La jeunesse est un état. « C’est un art.” Une façon d’être, de vivre ou de se comporter. Ce qui veut dire que la jeunesse n'est pas seulement un âge, ou encore une classe d'âge. C’est sans doute une époque qui peut évoluer, selon nos options ou à notre insu. C’est l’époque ou l’on n’a pas l’innocence de l’enfant ni l’expérience des anciens. C’est le moment des rêves, du refus des conventions, de certaines conventions. C’est l’âge ou l’on manque volontairement de sérieux pour tout, sauf pour les choses qui comptent vraiment, comme s'amuser, se mettre à jour selon la mode du temps.
Quant au mot prophétie, il vient du grec propheteia, ce qui signifie littéralement « parler en avant ». Dans notre contexte chrétien, un prophète peut être quelqu’un qui prédit l’avenir ou quelqu’un qui apporte des révélations inspirées de Dieu. Donc, bien que la prophétie soit effectivement de la prédiction, elle signifie aussi proclamer la vérité de Dieu. La prophétie peut être encourageante, captivante, mais elle fait parfois peur même si elle est digne de confiance. Ainsi la jeunesse plaît et effraie parfois.

1. Constat sur les jeunes
Un constat sur les jeunes et leur jeunesse : Que désire un jeune le plus au monde ? Sa liberté. Être libre. Quelle est la perception de cette liberté ? Quel processus d’autonomisation ? Quelles valeurs associe-t-il à cette liberté ? Les jeunes se veulent libres. Mais où commence cette liberté ? Jusqu’où peut aller cette liberté ? Quelle différence entre la liberté et le libertinage ?
L’éducation socio-culturelle, religieuse influence cette liberté et crée de l’intérieur pour certains, des craintes ou des attentes légitimes. On veut l’argent des parents et pas leur influence ni leur conseil. Dans tous les cas, les parents aussi souhaitent, sauf situation exceptionnelle, que leurs enfants deviennent autonomes. L’autonomie, l’indépendance des jeunes est même pour eux le signe d’une éducation réussie. Seulement, il est également nécessaire de s’entendre sur la conception de l’autonomie et ce, entre les parents et les jeunes. Etre autonome dans le sens d’être responsable de ses actes est préférable. Certains ont des parents proches de sainte Monique. Comme sainte Monique, ils s’inquiètent beaucoup pour leurs enfants : « Tu vas à la messe ? Tu communies ? Tes amis viennent d’où ? Tu manges bien ? Rien ne te manque actuellement? etc. »

2. Le contexte actuel !
Avec la modernisation ou la modernité, la jeunesse se prolonge. C’est le siècle des droits de l’Homme, et on parlera peu des devoirs de l’homme. On parle de plus en plus d’adulte émergent. La vie est facilitée par les technologies. Pour votre cas, le temps de la jeunesse s’allonge. Il faut étudier. On encaisse des diplômes, on se spécialise d’abord. Certains restent dépendants des parents ou des bourses de l’état pendant tout ce temps. D’autres parallèlement, s’imposent de travailler pour être un tant soi peu autonome. D’une part, il n’y a pas d’urgence pour le mariage, cette responsabilité qui ne rajeunit pas toujours. On rêve beaucoup. D’autres parts, la maturité amoureuse des jeunes est aujourd’hui plus précoce et les relations de couple se nouent clandestinement avant qu’il y ait indépendance financière ou de logement. Les jeunes filles payent plus cher ces expériences furtives. C’est un âge où on peut être naïf ou maniable. C’est le règne des essais. On peut croire aux discours qui créent l’émotion et se laisser enrôler pour des fins ambigües et sans issue.

Les jeunes éprouvent un malaise face à l’âge adulte. Certains s’exercent à y faire face à travers la prise de responsabilité dans les associations et ONG à leur portée. D’autres se cachent derrière des critiques impertinentes sur tout ce qu’ils voient autour d’eux et qui ne relève pas de leur pouvoir. Certains parlent de l’avenir pour mettre en avant les responsabilités auxquelles ils auraient à faire face dans l’avenir. Dans ce contexte aussi des amitiés se nouent et se dénouent sans autre forme de procès.

On s’entraine à tout, à la fidélité tout comme à l’infidélité. On est libre, on est jeune, on a le temps. Certains jeunes prennent conscience et acceptent que l’indépendance et l’autonomie doivent être atteintes avant les responsabilités de l’âge adulte. Ils réalisent que l’amour doit être la base d’une vie de couple qui est la responsabilité imminente. Ils s’exercent, simplement à cette gratuité dès maintenant. Le travail et le respect deviennent alors l’expression de leur identité.

Nous avons l’exemple de Jésus, 33 ans, une vie jeune et pleine dont on n’a pas encore fini de parler. La jeunesse est une force, il faut faire des provisions de bonnes habitudes pour le temps de la vieillesse. Il est nécessaire de profiter de la vie, de redresser à temps ce qui a tendance à se tordre en nous, se donner à fond pour ce qui vaut la peine avant d’atteindre la baisse des forces. Pendant qu’on est jeune, il faut aimer les aînés, les vieux, sinon quand on va vieillir, on va détester aussi les jeunes, parce qu’on n’accepte pas notre âge ou encore la différence.

Comment, une jeunesse peut être une prophétie en soi ? Ecoutons le Pape François :« À Cracovie, lors de l’ouverture de la dernière Journée mondiale de la jeunesse, à plusieurs reprises je vous ai demandé : « peut-on changer les choses ? » (1). Et vous avez crié ensemble un retentissant « oui ! ».
Devant ce oui de la jeunesse sans doute improvisé, ou inspiré, le Pape fait l’éloge des jeunes : « Ce cri naît de votre cœur juvénile qui ne supporte pas l’injustice et ne peut se plier à la culture du déchet, ni céder à la globalisation de l’indifférence ».

Nous avons ainsi devant nous, le plus grand souhait du Pape à votre endroit, une attente forte et sincère, une grande confiance en vous. Vous êtes invités par le Pape à ne jamais supporter ni encourager l’injustice. A ne jamais vous plier à la culture du déchet, ni céder à la globalisation de l’indifférence. Vous avez à incarner la justice. Il ajoute encore dans sa lettre : « Je vous ai voulu au centre de l’attention parce que je vous porte dans mon cœur ». Quelle chance ! Quelle responsabilité ? Vous êtes nos prophètes. Le Pape voit loin, et compte sur la jeunesse, votre jeunesse. « Un vieillard, même assis, voit plus loin qu’un jeune perché à la cime d’un arbre », nous dit un proverbe africain. Le Pape voit loin et pareillement au plus profond de vous. Quelle prévenance !

Il faut se faire, pendant la jeunesse, une provision de savoir et de maximes qui puisse nourrir et guider l'esprit toute la vie, et le pape y contribue paternellement. Il vous donne l’exemple de la foi et de la docilité d’Abraham. Jadis Dieu a voulu qu’Abraham quitte son pays, sa parenté et la maison de son père, pour le pays qu’il lui a indiqué. Maintenant c’est le Pape qui demande à chacun de vous, Abraham des temps modernes : « Aujourd’hui ! Cette année ! Quitte l’injustice et ne te plie jamais à la culture du déchet, et ne cède pas non plus à la globalisation de l’indifférence. » Autrement dit, maintiens ton cœur jeune et positif. C’est cela être en bonne santé.

Comme le dit si bien Lucien de Samosate : « La santé, c'est la jeunesse, car la maladie peut transformer un jeune en vieillard en très peu de temps ». Avec une santé, nourrie par la foi et la prière, « Vous saurez entreprendre un itinéraire de discernement pour découvrir le projet de Dieu sur votre vie » comme dit le Pape. Prenez soin de vous, moralement, spirituellement, socialement etc. Alors votre jeunesse, en plus d’être meilleure, sera prophétique pour votre entourage.

Conclusion

Le Pape voudrait que vous soyez ses ambassadeurs. Ambassadeurs de l’Eglise, ambassadeurs des chrétiens. Vous êtes dans un milieu ou les prêtres et les sœurs ne peuvent l’être. Alors à vous de décider de l’image des chrétiens en ces milieux. Que leur ferez-vous voir au nom de l’Eglise ?
Que les chrétiens sont faux ? Que les chrétiens ne prient pas ? Que les chrétiens ne croient pas en la chasteté ? Au savoir-vivre ? Que les chrétiens sont sans pudeur ? Que les chrétiens sont les derniers des classes ? Qu’il est permis au chrétien de faire des essais avant le mariage ? A vous de décider. Le Pape s’en remet à vous.

Il vous confie à Marie de Nazareth, une jeune comme vous vers qui Dieu a tourné son regard plein d’amour, afin qu’elle vous prenne par la main et vous guide à la joie d’un « me voici ! » total et généreux (cf. Lc 1, 38). Demandons à Marie de faire de cette étape de notre jeunesse, une prophétie qui annonce le Salut et la Paix. Que le monde en vous voyant, rende gloire à Jésus Christ, Fils de Marie. Car les jeunes peuvent changer les choses. Corneille le dit dans le CID: «aux âmes bien nées, la valeur n'attend pas le nombre des années. Ainsi soit-il.

Sœur Rosalie SANON, SAB

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