La Maison diocésaine de Constantine

L'entrée de la Maison diocésaine de Constantine

Vie de l'Eglise
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La Maison diocésaine est un des joyaux de l’Église qui est à Constantine. Elle se trouve dans le quartier dénommé « Chalet des Pins », elle est mitoyenne de l’université de médecine. Depuis trois ans, un trio de Sœurs de l’Annonciation de Bobo-Dioulasso, SAB du Burkina Faso a pris le relais de sa gestion, après le père Jean Marie JEHL.

Maison du Bon Pasteur, un espace accueillant

La Maison du Bon Pasteur est un espace d’accueil, de rencontre et de prière : « ce lieu paisible, très calme et réconfortant incite à la réflexion, aux pensées saines et surtout à la prière. » « Ces propos sont de H.F. un paroissien du Bon Pasteur. Comparée à d’autres maisons diocésaines, on peut dire que celle de Constantine n’est pas grande mais ne dit-on pas que un tien vaut mieux que deux, tu l’auras ? Aussi, ce n’est pas la taille de la maison qui compte mais l’amour et la paix qu’elle offre.

Monsieur H.F. dans son appréciation du Bon Pasteur poursuit en ces termes : « C’est un espace accueillant, doté d’une grande cour, d’une cathédrale, d’un presbytère et autres dépendances, bénéficiant d’un jardin assez bien entretenu où sont plantés des arbres et des fleurs qui enchantent la vue et l’odorat ». Le Bon Pasteur abrite également la communauté des SAB. Elles viennent d’ajouter au décor du Bon Pasteur, en plus de la petite pisciculture qui se fait depuis un certain temps déjà, un poulailler et un clapier. Ceux qui y passent pourront entre autres, s’attarder à contempler des coqs, des poules et leurs poussins, tout comme des lapins.

Au-delà de l’espace, c’est une famille qui se donne des moyens de richesses incroyables à travers des rencontres d’échanges et de prières.

L’histoire du Bon Pasteur

Le père Jean Marie JEHL, actuellement administrateur du diocèse de Constantine va plus loin que le décor du Bon Pasteur. Il s’exprime sur son but et ses avantages à travers quelques questions, à lui posées. « La seule raison qui me permet de parler de la maison diocésaine d'accueil et d’activités du Bon Pasteur à Constantine, est que j'en ai été le responsable de septembre 2005 à septembre 2014. Mais plus de trois ans ont passé… ».

A la question sur l’origine du nom « Bon Pasteur » il enchaine:« Cette maison a été construite, sans doute en plusieurs étapes, par les sœurs du Bon Pasteur d'Angers (France), dont le charisme (la spécialité) est l'accueil de jeunes filles ou de jeunes femmes en difficulté (problèmes de relations avec leurs familles ou placements par un juge). Elles ont construit progressivement les locaux dont elles avaient besoin, et dont une bonne partie est devenue aujourd'hui la pouponnière et le foyer d'accueil des jeunes filles, institutions de l'État. Depuis environ 1978, les sœurs sont parties et ont laissé l'usufruit de la maison proprement dite au diocèse, au moment où l'église du Sacré-Cœur, au Coudiat, qui servait de cathédrale depuis l'Indépendance, a été donnée pour le service du culte musulman, avec promesse que nous deviendrions propriétaires du Bon Pasteur ».

Le père Jean Marie, en tant que personne ressource sur les questions du Bon Pasteur, continue ses réponses sur le but et les avantages de la maison diocésaine : « Le but de cette maison est d'abord d’accueillir la paroisse de Constantine et les activités diocésaines. Mais comme les chrétiens ne sont pas très nombreux, il est aussi possible d'y accueillir des chercheurs ou des groupes de travail ou de formation, dont celle des jardinières d’enfants 

Prêtre du diocèse de Constantine, et pour avoir été responsable de la maison diocésaine, il exprime volontiers son appréciation sur l’institution : « Ce que j'apprécie le plus c'est un lieu de rencontre entre personnes de différents horizons où beaucoup peuvent venir se ressourcer dans le calme et la contemplation de la nature ». Pour finir, voici aussi ses attentes au sujet des valeurs à défendre au Bon Pasteur : « J’aimerais que le Bon Pasteur donne l’image d’une Église accueillante et au service de ceux qui veulent répondre aux aspirations profondes des habitants dans ce pays, algériens et étrangers.

Le Bon Pasteur, une cathédrale

La cathédrale du Bon Pasteur a en ce moment comme curé le père Michel Guillaud, qui y a sa résidence. La messe y est célébrée tous les jours en semaine par les Pères jésuites de Constantine, permettant au curé d’assurer la permanence dans la paroisse de Skikda, qui relève aussi de lui. Tous les vendredis à 10h30, le curé y préside l’Eucharistie dominicale, entouré de ses paroissiens. Les étudiants subsahariens, très souvent, s’internent dès le jeudi après-midi au Bon Pasteur pour la classe de chants. Ils constituent une chorale polyglotte.

Monsieur H.F., dans ses essais sur le Bon Pasteur dit ceci encore : « Le vecteur principal de communication est la langue française, mais la langue arabe dialectale et classique, ainsi que divers dialectes et langues africains ne sont pas en reste. Il est à retenir que l’anglais est souvent utilisé. » Le chœur de louange des étudiants, permet alors à chaque entité présente, d’entendre la Parole de Dieu ou encore de louer Dieu dans sa langue maternelle ou d’adoption. La sacristie et l’entretien de la cathédrale incombent aux SAB.

A l’entrée du Bon Pasteur, les locaux occupés par la Caritas pour la formation des monitrices de la petite enfance ­ ou jardinières d’enfants ­, surplombent et font face à la modeste cathédrale du Bon Pasteur. On pourrait comprendre ainsi la recommandation de Notre-Seigneur de mettre l’Amour au-dessus de tout. Une SAB, directrice de ce principe de charité et de visibilité de l’Église, collabore étroitement avec sœur Sunethra, FMM, et des Algériennes. Elle y assure la permanence. Des formations régulières de monitrices, se tiennent tous les quinze jours, essentiellement les samedis, par l’équipe animatrice. Ces disciplines sont sanctionnées par des attestations très attendues par celles qui persévèrent jusqu’au bout de l’étape.

Le père Jean Marie a passé le flambeau aux SAB depuis 2014, elles s’efforcent autant que faire se peut de s’approprier ces paroles de Mère Teresa :

« Ne laissez personne venir à vous et repartir sans être plus heureux. » Elles sont épaulées à mi-temps, par deux vaillants Algériens d’un certain âge, ou plutôt d’un âge certain. Ce qui permet aux SAB, de donner un coup de main à la comptabilité diocésaine, aux archives diocésaines, à la bibliothèque Dilou, à la presse diocésaine et éventuellement à la rédaction de Pax & Concordia. Un livre d’or accessible à tous ceux qui viennent au Bon Pasteur permet de lire leur joie et leur reconnaissance.

Les Sœurs acceptent toutes les contributions ou suggestions qui permettent au Bon Pasteur d’atteindre au quotidien son objectif. Ainsi avec toute bonne volonté, elles sauront poursuivre leur expérience d’intégration de façon pacifiée sans verser dans l’activisme dispersant mais plutôt par un « fiat » joyeux dans la prière, gage de toute vie religieuse qui se veut fructueuse à la suite du Christ Bon Pasteur.

Rosalie SANON, SAB / Constantine